Asie, Cambodge

Phnom Penh et l’arrivée au Cambodge

Deux semaines et demies au Viêt Nam et nous voilà déjà en partance pour la destination suivante : le Cambodge. C’est un pays dont nous n’avions que très peu entendu parler avant de prévoir ce voyage, si bien que nous pensions trouver une civilisation encore très peu développée (ah les préjugés…). A dire vrai, nous ignorions même que Phnom Penh en était la capitale. Nous n’aurions pas non plus osé affirmer avec certitude que c’est ce pays qui abrite les magnifiques temples d’Angkor. De plus, bien que nous ayons déjà entendu parler des Khmers rouges, aucune chance pour que nous sachions qui ils étaient vraiment et ce qu’ils ont fait.

Le fait est que le Cambodge est un pays dont nous n’entendons pas beaucoup parler en Europe, les touristes préférant bien souvent les plages thaïlandaises ou les sites touristiques vietnamiens. Pourtant, nous savons désormais que le Cambodge n’a pas grand-chose à envier à ses deux voisins…

De même, le passé récent de ce pays est une thématique qui n’est pas du tout abordée à l’école en Suisse (ou alors aurions-nous séché ces cours ?!). Avant de nous renseigner un peu sur le pays, nous étions à mille lieues d’imaginer que les cambodgiens ont été témoins de l’un des plus affreux génocides de l’histoire, et ce il y a tout juste quelques décennies.

Bref, nous aurons donc découvert et appris des tonnes de choses, pas toujours joyeuses mais tellement enrichissantes, durant notre passage définitivement trop court au Cambodge ! C’est parti pour voir en détail la première partie de notre séjour 

Départ du Viêt Nam, passage de frontière et arrivée à Phnom Penh

Le bus nous a semblé être le meilleur moyen pour rejoindre Phnom Penh depuis Ho Chi Minh Ville, peu cher et le trajet étant presque deux fois moins long que nos précédents trajets en bus. Il y a en revanche la contrainte de ne pas avoir de bus de nuit, et donc de perdre pratiquement une journée sur la route. Dans le bus, nous faisons la connaissance de Van, un artiste vietnamien, puis de sa copine Nguyen. Ce peintre de 21 ans, originaire de Ho Chi Minh Ville et qui vit de la revente de ses toiles et caricatures, s’offrait alors un petit weekend en amoureux à Phnom Penh tout comme nous, suisses, pourrions le faire avec Paris. Bref, Van m’aura surtout marqué par la réaction qu’il a eue en entendant ma réponse à l’une de ses questions : quel est notre budget quotidien ? Depuis le début de notre voyage asiatique, nous avions comme objectif de vivre avec des dépenses journalières de 40$ (à deux !) et c’est donc la réponse que je lui donne. Je m’attendais à ce qu’il soit surpris que deux européens dépensent si peu, et effectivement la surprise le gagna… mais dans l’autre sens ! Il avait l’air outré et tentait de nous expliquer qu’avec cette somme, nous pourrions vivre pendant 3 ou 4 jours ! Alors OK, je veux bien admettre que nous ne dormons pas dans les guesthouses les moins chères ou que nous ne mangeons pas tous les jours dans la rue mais quand même, moins de 13$ par jour à deux faut être sacrément fort (ou pas glouton… bref, pas nous) pour y arriver !

Durant ce trajet, nous aurons également l’occasion de vivre notre premier passage de frontière terrestre en Asie… et par la même occasion de comprendre en quoi les « frontières ouvertes » de l’espace Schengen sont vachement géniales ! Commençons par les visas. 30$ chacun pour une durée de 30 jours, ce n’est pas excessif mais pour un budget journalier de 20$ ça fait tout de même un joli trou dans les dépenses… Ces petits tampons causeront ainsi notre première journée à plus de 100$ et psychologiquement, c’était terrible ! Bon, faut aussi dire qu’on a un peu choisi la facilité sur ce coup-là, cédant au service que propose le chauffeur de bus en ce qui concerne le passage de la frontière – à savoir payer 5$ de plus par visa pour qu’il s’occupe de toutes les démarches administratives. Sans ça, nous n’aurions dépensé que 95$ sur la journée… Ô regrets ! Mais bon, au moins comme ça nous n’avons pas dû batailler fermement à la frontière pour obtenir nos visas, et à la place nous avons pu…. Nous ennuyer. Oui, car il n’y a strictement rien à faire à la frontière. Il y a juste un bâtiment vide, quelques chaises, deux petits guichets et un ou deux garde-frontières qui contrôlent les visas. Nous avions lu ici et là que le temps d’attente pouvait varier entre trente minutes et deux heures ; fort heureusement pour nous, ce ne sera qu’une petite demi-heure. Après ce petit laps de temps, le chauffeur revient et fait l’appel des passagers qui lui ont confié la tâche du visa. Il s’aide des passeports pour énoncer les noms des passagers et il faut donc être bien attentif sous peine de ne pas comprendre lorsqu’il vous appelle… Car au niveau d’écorcher les noms, ça y va!

Bref, notre premier passage de frontière se sera finalement déroulé sans aucun accroc (contrairement aux suivants…) alors que nous avions pu lire à plusieurs endroits que c’était souvent une plaie de rentrer au Cambodge. On a eu de la chance ! 😀 Le temps de trajet entre Ho Chi Minh Ville et Phnom Penh était estimé entre 6 et 7 heures d’après les agences qui vendent les tickets. Alors forcément, on a bien retenu depuis le début de notre voyage que compter sur la ponctualité des bus est souvent une erreur (même si nous trouvons que le Viêt Nam fait plutôt figure de bon élève à ce niveau !). Nous étions cependant loin de nous attendre à ÇA. Notre bus était supposé arriver à Phnom Penh vers 15h30, et malgré un départ plus tardif que prévu, ça ne semblait pas trop mal se dérouler… jusqu’à ce qu’on approche de Phnom Penh ! Honnêtement, je n’ai jamais vu une telle circulation. Nous n’avancions simplement plus, progressant trèèès lentement, mètre après mètre, dans cet enfer de circulation cambodgienne. En fait, ce qui m’a le plus étonné c’était le nombre de voitures qui venaient en sens inverse, donc qui quittaient la ville. Vu l’heure – vers 16h30 – j’ai d’abord cru que ce trafic était causé par la fin d’une journée de travail, lorsque tout le monde rentre à la maison. Mais en voyant tous ces scooters surchargés de 3,4 ou 5 personnes et surtout tous ces pick-up chargés de monde (il devait y avoir plus de 15 personnes par pick-up !) et, pire encore, ces minibus pleins (mais PLEINS) à craquer, je me suis dit qu’il devait y avoir une autre raison… dans mon imaginaire fantastique, j’ai même commencé à imaginer qu’un gaz toxique s’était répandu en ville, causant la fuite de toute sa population…

Bon, en fait il s’avère que l’explication était beaucoup plus simple et logique. Après être arrivé avec plus de 3h de retard, le chauffeur de tuktuk qui nous déposa en ville nous informa que le nouvel an Khmer était dans 3 jours et le proprio de la guesthouse où nous avons séjourné  nous expliqua ensuite que la majorité des cambodgiens de Phom Penh rendaient visite à leur famille en province durant cette période. Nous apprenions donc avec étonnement que Phnom Penh, pourtant capitale du pays, ne faisait rien d’extraordinaire pour la nouvelle année et que le gros de la fête se faisait dans l’autre grande ville du pays, Siem Reap. Bah voilà, tant pis, faudra partir après seulement 2 jours dans la capitale !

Phnom Penh

De manière générale, ce fut une ville que nous avons bien appréciée et dans laquelle nous aurions certainement pu rester plus longtemps. Vu le faible temps dont nous disposions, nous nous sommes surtout focalisés sur les incontournables de la ville, mais nul doute qu’elle a encore bien d’autres choses à offrir !

Où dormir à Phnom Penh

Nous avions fait nos petites recherches d’hôtels avant d’arriver en ville, histoire d’avoir quelques établissements à visiter en débarquant. Le quartier situé au Nord du Palais Royal contient quelques guesthouses et hôtels vraiment pas chers et il est très proche des principaux centres d’intérêt de la ville. Notre sympathique chauffeur de tuktuk (obligatoire car l’arrêt de bus est vraiment excentré) nous déposera dans la 172 Street, devant la guesthouse de l’un de ses amis : Angel Guesthouse. Nous ne l’avons pas trouvée sur Internet mais nous y avons obtenu une chambre propre avec climatisation pour 12$ et même 10$ la troisième nuit (hum, faut dire que nous l’avions quand même menacé d’aller chez un concurrent qui a essayé de nous aguicher pour ce prix-là !). Le proprio, un jeune de 30 ans super sympa, tient l’enseigne tout seul en compagnie de sa femme et ses enfants en bas âge. Il essayera bien sûr de nous vendre des tickets pour les fameux Killing Fields, de nous convaincre d’aller au stand de tir pour essayer de véritables armes qui ont servi pendant les massacres (…) ou encore de nous vendre des tickets de bus pour la suite de votre voyage et risquera d’être relativement déçu s’il apprenait que vous êtes passés par un autre revendeur. Bref, l’établissement est super bien situé, dans une rue bien animée qui contient toute une ribambelle de restaurants qui offrent, certes, tous les mêmes plats aux prix identiques, mais qui ont l’avantage d’être beaucoup moins chers que leurs concurrents situés quelques dizaines/centaines de mètres plus loin au bord du fleuve. On y mange pour environ 10$ à deux, boissons comprises.

Où manger ?

Relativement facile; dans et autour de cette rue (mais pas dans la direction du fleuve !), à Central Market ou encore mieux au marché de nuit. Il n’y a pas vraiment de petits stands de nourriture comme à Hanoi, Siem Reap ou Bangkok mais on mange de la très bonne nourriture de rue dans ces marchés. Tous ces endroits sont très facilement accessibles à pied depuis la 172 Street.

Que faire dans la capitale ?

Le Palais Royal

Proche du fleuve, le Palais Royal est en fait une enceinte qui abrite un ensemble de bâtisses dont certaines valent largement le coup d’œil, et d’autres moins. On est d’abord amené à suivre un petit chemin bordé de statues somme toute assez rigolotes, puis on se retrouve dans ce qui ressemble à une grande cour aménagée de temples, statues et autres constructions. Pour nous qui ne sommes pas forcément de grands experts en art, religion ou architecture, nous avons tout de même pris du plaisir durant cette visite qui nous a fait découvrir certains monuments importants du Cambodge comme par exemple, le Buddha d’Emeraude, bien que celui-ci soit bien moins impressionnant que sa légende laisse penser.

Les « Killing Fields »

Le Cambodge a vécu il y a à peine une quarantaine d’année, la période la plus sombre de son histoire. Les Khmers Rouges sont connus à travers le monde entier pour les atrocités qu’ils ont faites subir à leur propre peuple mais pour bien des gens, tels que Clémentine et moi avant notre séjour dans ce pays, les détails de leur histoire étaient pourtant méconnus. Prise de pouvoir par la force et génocide d’une grande proportion de la population, sont des horreurs que le Cambodge a dû affronter récemment, et même aujourd’hui, la majorité des cambodgiens sont encore touchés, d’une manière ou d’une autre, par ce qui s’est passé à cette époque. Cela n’empêche pas que les sites d’emprisonnement, de tortures et de mise à mort, soient de nos jours devenus des attractions touristiques à plein temps. Les fameux « Killing Fields », qui tiennent cette nomination d’un film hollywoodien du même nom mais originalement appelé « Choeung Ek », font partie de ces lieux. Les prisonniers destinés à mourir (pour des crimes pas franchement valables comme, par exemple, le port de lunettes de soleil…) étaient amenés ici par milliers puis tués de façon extrêmement barbare. Bref, je pourrais consacrer un article entier à ce sujet, à relater en détail tout ce que j’ai appris durant cette visite mais là n’est pas le but. La visite se fait à l’aide d’un audioguide – disponible en français ! – qui guide les visiteurs en suivant un itinéraire déterminé marqué de « postes » numérotés qui correspondent à une partie de l’histoire. Bien qu’habituellement pas franchement persuadé par ce genre de méthode, je dois avouer que le tout est extrêmement bien ficelé et intéressant. Le silence règne dans le camp, chacun est dans son coin et écoute, ébahi, ce que l’audioguide lui raconte. La visite est marquante et parfois même choquante. Aujourd’hui encore, on peut apercevoir, après de grandes pluies, des ossements de victimes qui remontent à la surface des innombrables fosses communes qui jonchent le terrain au milieu duquel la visite a lieu. Les crânes de toutes les victimes retrouvées sont d’ailleurs entreposées dans une grande « stupa » au centre du camp, accessible à tous.

Nous y avons passé plus de deux heures. Nous ne pouvons pas dire que la visite nous a plu, car on ne prend aucun plaisir au cours d’un tel parcours. C’est un spectacle ahurissant qui s’offre aux curieux durant toute la visite. On y apprend des choses inouïes, on y vit des moments de profonde tristesse et compassion, des moments d’incompréhension… C’est une expérience de laquelle on ne sort pas indifférent. A voir absolument mais attention aux âmes sensibles.

La prison Tuol Sleng

Elle se combine bien souvent à la visite des Killing Fields et c’est d’ailleurs ce que nous avons fait. Le proprio de la Guesthouse nous a assuré que ce musée fermait à 18h, ce que le chauffeur de tuktuk a confirmé mais il n’en est rien : fermeture à 17h. C’était un peu juste pour nous car nous y sommes arrivés à 16h30 et, bien qu’on ait débordé un peu après 17h, nous n’avons de loin pas eu le temps de visiter en profondeur toutes les salles que contient cette ancienne école, devenue prison du jour au lendemain et donc musée aujourd’hui.

La plupart des salles de classes, utilisées ensuite comme des cellules d’emprisonnement ou de torture, ont été transformées en lieu d’exposition où l’on peut lire des témoignages, des bouts d’histoire, voir les photos des prisonniers du camp ainsi que des outils de torture. D’autres salles ont été laissées intactes, permettant au visiteur de se rendre compte des conditions de vie d’un prisonnier. Nous avons essayé de voir le maximum de choses, mais 1h ne suffit pas si l’on veut prendre le temps de tout regarder.

C’est une visite également marquante, qui permet de voir de ses propres yeux comment étaient traités les prisonniers ici il y a quelques décennies. Nous l’avons cependant trouvée inférieure aux Killing Fields. L’entrée est deux fois plus chère et l’on y retrouve beaucoup d’éléments, tous à lire, qui sont racontés durant la visite audio aux Killing Fields. De plus, nous trouvons que le « format » du musée, à savoir une succession de centaines de salles presque identiques, devient vite lassant et incite à finalement sauter des étapes (mais bon, c’était pas vraiment possible de faire autrement !). Bref, une visite à faire pour ceux qui ont le temps, mais s’il faut choisir entre les Killing Fields et Tuol Sleng, faite la première sans hésiter.

Les différents marchés

Il existe différents marchés dans la capitale. Comme toujours, les plus grands sont aussi les plus touristiques et, forcément, ceux où faire de bonnes affaires est le plus difficile. Parmi ceux-ci, les plus connus sont Central Market et le marché russe. Nous avons fait le premier, situé sous un énorme dôme non loin du centre-ville et même très proche du quartier chaud de la rue Pasteur (qui, soit dit en passant, fait pas mal penser à Nana Soi de Bangkok avec son tourisme sexuel). C’est un marché immense où l’on peut absolument trouver de tout et où touristes et locaux se mêlent dans de joyeux attroupements. Nous nous y sommes complètement perdus (pourtant, d’habitude on se débrouille en sens de l’orientation !) alors que nous tentions de retrouver le stand d’une commerçante. Nous y avons acheté quelques bricoles, dont un magnifique sac à dos The North Face à 5$ (comment ça, c’est un fake ?!) durement négocié auprès d’au moins 10 vendeurs différents !

Il y a également un marché de nuit à 5 minutes de la 172 Street. Cependant, attention à ne pas s’engouffrer dans le premier marché nocturne sur la route car il s’agit d’un marché de légumes local des plus bordéliques 😛 ! Enfin, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller y jeter un œil car c’est vraiment du grand n’importe quoi, mais ne comptez pas trouver un super iPhone 8 pour 100$ ici 😉

Notre séjour dans la capitale s’arrêtera donc ici. Juste une dernière chose… on voulait partir le soir avant le premier jour du nouvel an (héhé ouais, ils ont tout compris pour faire la fête ici : nouvel an dure 3 jours !) mais souvenez-vous, je vous disais en début d’article que tout le monde désertait Phnom Penh en direction de Siem Reap. Bien que ces gens partent souvent par leurs propres moyens, les bus sont également pris d’assaut… Vous l’aurez donc compris, malgré les 4 agences visitées, aucune ne sera en mesure de nous vendre des billets pour le soir désiré. Une seule me proposera deux sièges pour un bus qui partait le matin suivant. Je n’ai pas hésité longtemps. Finalement, aucun regret, car nous vivrons encore une fois un trajet mémorable.

INFOS PRATIQUES

  • Angel Guesthouse : 12$ la nuit mais négociée à 10$
  • Bus de Ho Chi Minh à Phnom Penh pour 2 : 420’000 dongs / environ 18 euros
  • Tuk tuk pour la journée : 20$
  • Palais royal : 6,50$ l’entrée
  • Prison Tuol Seng : 3$ l’entrée
  • Killing Fields : 6$ l’entrée

INFOS IMPORTANTES

  • Visa : 35$
  • Monnaie utilisée : dollars américains

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